Comment réussir son investissement dans une PME ?

Comment réussir son investissement dans une PME ?

29 octobre 2018 actu investissement 0

Pour investir, il n’y a pas que le CAC 40 ou le Dow Jones. Les PME (Petites et Moyennes Entreprises) offrent aussi de belles opportunités aux investisseurs. Elles constituent l’une des forces vives du tissu économique français, et beaucoup d’entre elles sont dynamiques, performantes, bien gérées et profitables.

Cependant, avant d’investir dans une PME, si toutefois vous en avez la possibilité, il convient d’être extrêmement sélectif, prudent et de prendre son temps. Investir dans une PME non cotée est un processus long. . Christophe Bejach, homme d’affaires et investisseur en capital dans des sociétés cotées comme dans des societes non cotees, titulaire d’un MBA du Groupe HEC, vous donne quelques conseils pour réussir votre investissement dans une PME.

La performance d’un investissement nécessite avant toute chose que l’entreprise grandisse et se valorise. D’où l’addiction à la croissance de tous les investisseurs. Un investisseur réalise des profits essentiellement au moment de la revente des titres qu’il détient. Il est donc essentiel qu’il puisse les revendre plus cher, ce qui ne peut arriver que si la valeur de l’entreprise a cru. Toute la question est donc de se convaincre que cette valeur va augmenter.

 

Comprendre le métier de l’entreprise

Avant toute chose il faut s’assurer de la qualité et des perspectives de croissance du métier de l’entreprise. Il faut également mesurer les perspectives de développement de la société elle-même au sein de son marché. Enfin, il est important d’examiner la solidité présente et à terme des positions de marché de la société, ainsi que sa capacité à les maintenir, voire les accroître. Ces différentes évaluations ne peuvent se baser sur l’intuition, ou sur des impressions. Des arguments tangibles, chiffrés, ainsi que des plans d’action sont nécessaires.

 

Avoir une équipe dirigeante de qualité

L’un des éléments essentiels est que la société dispose d’une équipe dirigeante compétente, excellente connaisseuse de ses métiers, à la stratégie claire, connaissant les chiffres de son entreprise sur le bout des doigts, qui sera capable de gérer une société devenue plus grande, mais plus complexe. L’importance d’un bon reporting opérationnel et financier ne saurait être sous-estimée.

La communication entre l’investisseur et les actionnaires doit être régulière, voire fréquente. Souvent les investisseurs siégeront au conseil d’administration de la société. Plus fréquemment, des réunions informelles seront organisées, ou la stratégie, la marche des affaires, les écarts au budget ou au plan seront étudiés et analysés.

 

Établir un business plan détaillé

Dans le cas des sociétés non cotées, la réalisation d’un business plan détaillé en lien avec le management sera le moment à la fois de mieux connaître l’équipe dirigeante et sa stratégie, et de se mettre d’accord sur le futur de l’entreprise. Elle permettra aussi à l’investisseur d’obtenir un ordre de grandeur des plus-values que l’entreprise lui permettra de dégager, suivant les scénarios d’évolution qu’il retiendra.

Établir un business plan chiffré et détaillé peut prendre plusieurs semaines. Mais c’est un exercice fondateur dans la relation avec l’investisseur, et permet souvent à l’équipe de direction générale de prendre un peu de recul, ce qui en fait un exercice apprécié.

Pour les entreprises cotées, ce travail est fait par les analystes à partir des informations transmises par les entreprises selon les règles des marches sur lesquelles elles sont cotées. Mais on peut avoir un oeil critique sur ce travail.

 

Investir au bon prix

Comme le souligne Christophe Bejach, la plus-value est souvent faite au moment de l’investissement. Si vous payez vos actions trop cher, vous risquez d’avoir du mal à les revendre encore plus cher, même en cas de croissance réussie.

Dans le cas des societes non cotees, le prix que vous devez payer est celui qui vous permet d’atteindre vos objectifs de rentabilité dans le scénario de développement qui vous paraît le plus probable. Bien entendu, il faudra que ce prix ne soit pas outrageusement bas, auquel cas les autres actionnaires refuseront votre offre. Or les meilleurs investissements sont ceux que l’on fait. Pas ceux que l’on ne fait jamais.

En outre, si vous proposez un prix trop bas, vos concurrents risquent de vous doubler et de faire la transaction à votre place. C’est là toute la difficulté, mais aussi tout l’espace de la négociation.

Pour les sociétés cotées, le prix est le cours de bourse. Il ne faut pas hésiter à différer l’achat d’une action si le cours vous parait trop eleve.

 

Diversifier son portefeuille

L’investissement dans une PME présente de nombreux risques. Il est impossible d’atténuer le risque individuel d’un investissement. Toutefois, créer un portefeuille contenant au moins 15 à 20 lignes qui n’évoluent pas toutes de la même façon en même temps est un moyen de “lisser” la performance dans le temps. Il faudra choisir des secteurs d’activité différents, des zones géographiques différentes, des stades de développement d’entreprise différents, et plus généralement des classes d’actifs complémentaires (actions, obligations, immobilier, etc…).

Ce sont des règles de saines gestion, connues depuis bien longtemps par la sagesse populaire (ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier), que la théorie des portefeuille à formaliser, sans y apporter de changement fondamental.