La problématique du risque et du rendement en gestion d’actifs

La problématique du risque et du rendement en gestion d’actifs

29 octobre 2018 actu investissement 0

La gestion d’actifs, ou « gestion de portefeuille », consiste à gérer des capitaux qui appartiennent à des tiers dans le respect de la réglementation en vigueur. L’objectif premier est de faire prospérer le patrimoine de ces clients via un ensemble d’investissements pour en tirer le meilleur rendement possible en fonction des contraintes et des politiques contractuelles de gestion, ainsi que du niveau de risque choisi.

Les investissements en action peuvent apporter des gains importants, probablement plus élevés que n’importe quelle autre classe d’actifs, mais ils comportent aussi de nombreux risques. Une règle essentielle de la finance est que la rentabilité doit être proportionnelle au niveau de risque inhérent aux l’investissement envisagés. Le risque et le rendement fonctionnent en couple. Ou en tout cas le devraient.

Le gérant du portefeuille a donc la responsabilité d’évaluer les opportunités de gains par rapport aux risques qui en découlent. Christophe Bejach, investisseur émérite, nous explique les risques liés à la gestion d’actifs.

 

Les différents risques de la gestion d’actifs

Il est important de signaler qu’il n’existe pas un seul type de risque sur les marchés financiers. On peut en citer quatre majeurs :

  • Le risque lié à la valorisation des actifs : également appelé risque de marché, il est lié aux fluctuations de la valeur de marché des positions en portefeuilles. Ces fluctuations peuvent provenir de variations dans les performances de la société. Mais elles peuvent aussi provenir d’événements affectant d’autres sociétés du secteur, qui entraînent dans leur sillage haussier ou baissier toutes les entreprises comparables.
  • Le risque de liquidité : il traduit par le risque dans l’incapacité de vendre une position. La liquidité se réduit fortement en période de krach boursier par exemple. Elle peut être temporairement restreinte dans certains fonds d’investissements connaissant des difficultés. Elle peut se tarir pour certains titres exotiques et complexes en fonction d’événements imprévus..
  • Le risque opérationnel : il s’agit du risque de non performance d’une entreprise liée à son activité dans chacun de ses métiers. Les causes potentielles sont nombreuses: Baisse des ventes, à cause de la pression concurrentielle, baisse des marges à cause également de la concurrence ou suite à des inefficiences de production de l’entreprise ou à une hausse de ses coûts. Il peut aussi provenir d’éléments non liés aux métiers eux-même mais affectant l’organisation de l’entreprise (problèmes de contrôle, malveillances, fraudes).
  • Le risque systémique : Il représente le risque d’effondrement d’un marché financier. Il est assez difficile de prévoir ce risque. Ses sources sont parfois géopolitiques, parfois seulement financières.

 

Certains de ces risques sont irréductibles, comme les risques opérationnels. D’autres peuvent être, dans une certaine mesure, contrôlés par la mise en place de réglementations au niveau des États.

L’histoire de la régulation des marchés et du système financier est riche d’aller-retours entre plus de régulation, et moins. Il précise toutefois que l’histoire récente de ce thème, marquée par la grande crise financière (puis économique puis politique) démarrée en 2008 aux USA semble montrer que la déréglementation importante des années Clinton et Bush a été l’un des ferments les plus fondamentaux de cette crise.

La performance et le risque sont étroitement liés. La maîtrise du rendement passe donc par la recherche de l’optimisation entre ces deux paramètres. Pour ce faire, les gérants peuvent s’appuyer sur des outils techniques et sur des modèles mathématiques d’analyse du couple rendement/risque. Les résultats obtenus vont leur permettre de sélections les actifs financiers qui composeront le fonds commun de placement.